Plateforme de Recherche et d'Information Citoyenne sur la Laîcité

 

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Mot Definition
CULTE
Le mot "culte" est utilisé dans l'article 1er de la loi de 1905. Ce mot a un sens juridique, il a donc été défini par le Conseil d'Etat, réuni en Assemblée plénière le 10 Octobre 1997. Qu'est-ce que l'exercice d'un culte ? "La célébration de cérémonies organisées en vue de l'accomplissement, par des personnes réunies par des croyances religieuses, de certains rites ou de certaines pratiques". Cité par Régis DEBRAY in "Les Communions humaines. Pour en finir avec "la religion" (Fayard)
INTEGRATION
« Processus par lequel une société parvient à s’attacher les individus, les constituant en membres solidaires d’une collectivité unifiée. » (DURKHEIM) « Sans nier les différences, en sachant les prendre en compte sans les exalter, c’est sur les ressemblances et les convergences qu’une politique d’intégration met l’accent, afin dans l’égalité des droits et des obligations, de rendre solidaires les différentes composantes ethniques et culturelles de notre société et de donner à chacun, quelle que soit son origine, la possibilité de vivre dans cette société dont il a accepté les règles et dont il devient un membre constituant ». (Haut Conseil à l’intégration) « L’objectif majeur... la communauté des citoyens... L’ignorance de l’autre dans la diversité de ses composantes et de ses spécificités, c’est le seuil du mépris et du rejet. Sa connaissance, celui du respect et de l’acceptation vers l’intégration. Reconnaître l’autre dans son altérité, garder sa propre identité et vivre ensemble quand même, telle est la voie. » (Projet PRICIL)
Laïcité
Mot particulièrement ardu à définir. Mais voici la définition générale du plus grand savant français en vie Edgar MORIN : Le sens du mot laïcité semble clair : c'est la rationalité critique et la pluralité opposées aux dogmes et au monopole de la vérité. Vision complétée par celle de la philosophe Catherine KINTZLER, sur le rôle de l'Etat : La laïcité ce n’est pas un courant de pensée, ce n’est pas une doctrine, elle consiste à dire que la puissance publique n’a rien à dire s’agissant des croyances et des incroyances.
Multiculturelle
Société multiculturelle : société dans laquelle l'identité de chacun est reconnue, mais où la recherche de valeurs communes est permanente pour parvenir à tout moment à l'art de vivre ensemble, à faire société. (modèle historique : voir histoire laïcité page 11 Egalité religions et convictions) Voir également dans Charte PRICIL la communauté des citoyens. S'oppose à société pluriculturelle.
Pluriculturel
Société pluriculturelle : société qui admet, à partir des différences individuelles, l’existence de communautés juxtaposées, pouvant disposer de droits publics (justice, éducation...) ce qui rend difficile l’existence d’un peuple et favorise l’apparition des communautarismes. C'est, en principe, la tradition anglo-américaine, à laquelle s'oppose la tradition française qui n'admet pas de communautés qui soient sources de droit. Seul le peuple constitue cette source. Opposée à multiculturel.
POPULISME
A l'origine (1929) courant littéraire qui prétendait réagir contre la psychologie bourgeoise et mondaine ainsi que contre les raffinements intellectuels d'une société oisive. Il s'efforce d'extraire le meilleur de l'élément populaire en évitant le double écueil d'une part de la vulgarité et de la trivialité, d'autre part d'une idéalisation qui fausserait la réalité. Par quelle métamorphose, ce mot est-il employé aujourd'hui dans le sens de "ce qui flatte les plus bas instincts" des gens du peuple ? Peut-être parce que le peuple n'est pas toujours d'accord avec ses élites intellectuelles ? Peut-être parce qu'il peut y avoir décalage entre le chemin pris par les élites et les sentiments ou attentes du peuple ? C'est le cas aujourd'hui (fin 2009, après le référendum suisse sur les minarets)), le mot populisme est alors employé par l'élite républicaine qui s'estime dépositaire d'une vérité "officielle", pour dévaloriser ces positions. Attention à la dérive anti démocratique !
République laïque
Article 1er de la Constitution française : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée » "A moins que l'Etat ne soit ecclésiastique, je ne vois pas qu'il puisse être autre chose que laïque. Toute la question est de savoir comment, dans quel esprit, il sera cela". Général de GAULLE (17 septembre 1958)
Religion
C'est un des gros mots de la langue française. Il justifie plusieurs points de vue. Il n’y a pas de définition juridique, mais une définition « scientifique », de la part de l’Observatoire du Religieux de l’Université d’Aix-Marseille : « Religion : ensemble de croyances et de pratiques qui produisent du sens sur la place de l’homme dans l’ordre du monde et qui unissent ceux qui adhèrent en une communauté ». (Bruno ETIENNE «Islam, les questions qui fâchent »)
Religions
Au sein d'une société, c'est l'ensemble des rapports que ses membres entretiennent avec des entités invisibles, mais supposées actives dans la marche de l'univers comme dans le déroulement de la vie quotidienne. De ce fait, une religion confère à certains individus (chamans) ou à certains groupes sociaux (prêtre ou moines) des statuts sociaux particuliers. Mais une religion, ce n'est pas seulement un ensemble de croyances, de rites et de statuts sociaux, c'est aussi des façons de penser et des normes de conduite, des obligations et des interdictions. Maurice GODELIER chef de file de l'antrhopologie française.
Sacré
"Le sacré, ce n'est pas seulement le religieux. Est sacré ce que l'on ne peut ni vendre ni donner, mais qu'il faut garder pour le transmettre en tant que support essentiel d'identités que l'on désire voir survivre au cours du temps. Dire que ce qui fonde les sociétés, c'est le sacré, conteste une des « évidences » ethnologiques répétées pendant des décennies, à savoir que les sociétés seraient fondées sur l'échange, échange de personnes et de marchandises, et échange de dons et de contre-dons. Ainsi, notre Constitution est un objet non marchand (à la différence des voix qui peuvent s'acheter !) ; elle appartient au peuple français qui se l'est donnée à lui-même pour règle d'un vivre-ensemble ; nul ne peut l'abolir (ou alors, on entrerait en dictature), mais on peut la réviser, la compléter... On peut donc dire que le sacré contient le religieux et intègre le politique, et que ces deux composantes - politique et religieuse - sont à l'origine de toute société dans la mesure où toute société implique l'établissement d'une souveraineté". Maurice GODELIER chef de file de l'anthropologie française.